Loin restaient les jours d’aventure.
Notre voyage s’était transformé en une promenade tranquille.
Quelques tours de roues en voiture,
Un port avec une belle plage,
Et des heures contemplatives sur le sable…
Les nouveaux bourrelets autour de la ceinture témoignent de notre vie sédentaire.
Il nous fallait un peu d’adrénaline…
Et surtout, il nous fallait avancer !
Curieuse la vie en mer, encore un mois de navigation et on doit déjà penser à rentrer, alors on se fait à l’idée… Direction, la France !
Curieux aussi le tempérament du capitaine, plutôt calme, sans pressions, sans risques, il lui faut vraiment les conditions parfaites, un jour il y a trop de vent, un jour il vient du mauvais côté, un jour les vagues sont grandes, un jour il a la flemme… Et tout d’un coup, sans raison apparente, c’est maintenant ou jamais, peu importe si ça souffle fort ou en face, peu importent les rafales, la pluie, les énormes vagues, il faut bouger ! Sinon on va jamais y arriver !
Jusqu’au cap le vent sera plus ou moins avec nous, mais après ce sera plus compliqué.
Attend, attend, tu es sur ?
Oui, tu verras, ça va aller. De toutes façons, il faut partir !
Oui… Bon… D’accord…
Et c’est ainsi qu’on quitte le port avec une météo défavorable et beaucoup d’incertitude…
Et jusqu’au cap tout va bien, plus de vent qu’imaginé, plus de vitesse, pas le temps de réfléchir.
La pointe est là, magnifique paysage… et juste après…
Oh là là ! Mais ce n’était pas de tout prévu comme ça ! Je croyais qu’on pourrait aller presque droit mais ça va être impossible !
Tu croyais ? Tu croyais ?!
Le bateau s’incline à 40 degrés.
Aaahhh !! C’est dans ces moments que je te déteste !! On va tomber !!
Comme à chaque fois que ça arrive, mes entrailles sont centrifugées vers mon centre.
Comment se fier à une coque en plastique quand elle tient sur l’eau seulement par quelques centimètres ?
Elle pourrait se renverser !
Mais non, ce n’est pas possible, l’architecte naval qui fait de capitaine m’explique à nouveau tous ces lois physiques que je ne comprendrai jamais.
Alors, je décide de me calmer à ma façon. Une respiration profonde, un appel à la confiance et ça y est, c’est de plus en plus rapide, je récupère ma force et mes entrailles sa place.
La situation ?
Les mains trempées, les pieds gelés, les lèvres salés. Un fort vent direct sur notre nez, ce fameux souffle qui freine les bateaux, et des vagues de… allez on va dire un mètre et demi. C’est là que la mer est la plus belle… justement quand je ne peux pas faire des photos…
Pas le choix, on ira en zig-zags. C’est à dire, un peu vers l’horizon, un peu vers la côte, un coup on s’éloigne, un coup on s’approche. Les marins disent : deux fois la route, trois fois le temps, quatre fois la peine !
Après deux mois de navigation ma relation avec le timon est fusionnelle, la barre est mon troisième bras, garder les voiles gonflées juste à la limite pour gagner quelques mètres vers notre destin et en même temps, monter en douceur la houle pour éviter que le ventre de Dellys ne tape avec force.
Sportif sans négliger la tendresse. Comme la vie !
Sous la puissance des éléments, on doit se crier pour s’entendre, paré à viré ! Paré ! On vire !
Allez, encore trente ou quarante zig-zags et on sera arrivé. Ouf !
Le soleil nous attend pour se coucher à l’entrée d’un nouveau port.
On sait déjà qu’on restera ici quelques jours, une nouvelle tempête s’approche…





Ohe
Ca fait plaisir. !
Bravo de plus en plus aguerit !
Bisous bisous
Ouaouh !
L’aventure, la beauté des photos, et maintenant une petite vidéo !!!
Je ne peux pas vous décrire mon émotion en voyant tout ça ! des années en arrière… Shantala… 20 ans ? Non ! 30 ans, 35 années… La mer ne change pas… au moins ça c’est sûr, ça rassure et c’est beau !
Des moments si précieux… quel bonheur de vous voir les apprécier autant !
Magnifiques photos ! et du suspense …toujours du suspense !!!
Bisous à vous profitez bien …