On bouge !

La dernière traversée commençait à se perdre dans nos mémoires.

Une méditerranée furieuse berçait nos désespoirs au port de Ciutadella, notre refuge, notre foyer, notre piège…

Pendant ce temps, le bateau avait eu une nouvelle barre, faite à la main par un vieil artisan constructeur d’embarcations traditionnelles.

Le cœur d’un sapin de Minorque guidera notre voyage, Dellys prend du charme…

la barre

 

Et la voile avait été réparée par d’expertes couturières, aimantes de la toile.

On pouvait demander mieux ?

 

Le mat bien serré, le moteur révisé, l’équipage reposé, il manquait qu’un bon vent pour partir loin !

Difficile l’attente quand la pluie tombe et le froid nous pénètre…

Mais on savait qu’une tempête n’est pas éternelle, la mer finirait par vouloir se relaxer.

 

Finalement, ce moment arrive, un trou entre deux coups de furie, risqué mais…

Tant pis ! On y va ! On verra bien !

Oui… c’est vers les sombres nuages qu’on avance…

nubes negras

Il y avait quelque chose de spécial ce jour là dans la mer. Je ne l’avais pas connue si noir, si dense…

Et cette lumière… elle n’annonçait pas que du calme….

laluz

L’équipage était silencieux, on croisait à peine quelques mots, de longs espaces du temps vide se coulaient sur une atmosphère remplie.

Minorque n’était qu’un reflet bleue et lointain sur l’horizon.

Derrière nous, un vent doux et clément. Du côté, des hautes vagues d’une largeur interminable. Juste ce qu’il faut pour réveiller les entrailles.

 

L’orage arrive et un par un, l’équipage tombe malade.

Oh non ! Le capitaine ! Non ! Mal à la tête, fatigue, froid…

Va t’allonger, de toutes façons tu ne peux pas faire autrement.

Je demande quelques conseils, question d’être rassurée, mais ses yeux tournés vers le blanc me préviennent que je dois me débrouiller toute seule.

Entre terre et terre, au milieu de la mer, moi à la barre, moi aux voiles. Moi ! Moi !

Sans trop savoir quoi faire,  j’observe, j’imagine, j’essaie, mon intuition tire de cette corde, relâche cette autre et… ça marche !

Qui m’aurait dit que j’allais apprendre à naviguer avant d’apprendre à conduire!

Il n’y a pas que les gouttes d’eau douce qui trempent mon visage, des larmes salées se mêlent à la pluie.

Je suis émue, c’est tout.

Oui, c’est possible de vaincre ses peurs ! Oui, c’est possible de transformer son univers !

 

Quelques heures de solitude, de concentration, de responsabilité et des conditions qui changent sans arrêt.

Parfois des belles rafales qui nous poussent avec force, la barre qui tire, les voiles qui tremblent, le ventre de Dellys qui s’incline.

Youhouuu !!!

Parfois une brise faible, les voiles qui claquent, la barre molle, les vagues qui endorment, l’ennui, les photos…

jugando

Et c’est ainsi que l’après midi s’efface, jusqu’au capitaine reprend son esprit de marin et sort me remplacer.

Les petits pirates se sont réveillé.e.s.  Ah ! L’enfance et sa légèreté, des belles leçons de vie à apprendre près d’eux.

Les sautes, les rires et évidement,

« Attends Lua, je vais vomir »

« Moi aussi je vais vomir »

« C’est bon, j’ai fini. Allez on joue? »

Et c’est reparti. Sans se soucier, sans complexes, sans le prendre au sérieux.

Elle n’est pas si grave la vie !

La traversée est presque finie. On voit déjà notre destin.

llegando

Mais c’est où qu’on arrive !

fabricas

On va pas y rester longtemps, une nuit de repos et on reprend le chemin, direction ?

Peu importe ! L’île est grande !

la nieve

 

 

 

 

2 réflexions sur “On bouge !”

  1. Ohe mes amis !
    La mer fait qu’un avec vous !
    Bravo, bravo !
    Maria et ton code olala !
    Que je suis fiere de toi !
    Les enfants ont pris de la maturite !
    Gros gros bisous et des calins , on vous aime tres fort !

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