On était bien décidé.e.s pour arriver ce soir au dernier port de notre parcours Catalan.
Une fois éloigné.e.s de l’abri que nous procurait la baie, un fort vent de face et des vagues pas négligeables étaient au rendez vous.
Les experts marins savent bien de quoi je parle, pour le reste, un mot peut résumer l’ambiance : galère.
Face au vent une seule solution, naviguer en zig-zag. Et pour les vagues, résignation.
C’était l’occasion de réviser les leçons techniques :
« Paré à virer ! »
« Paré ! »
« On vire ! »
Moi à la barre, le capitaine aux voiles, pas intérêt de rater le coup. Les conditions ne faisaient que s’aggraver et on savait que le pire venait après…
Dellys galopait impatient, le timon halait fort, l’eau iodée inondait nos pores, s’infiltrait par nos narines, le baptême était fait.
La Méditerranée portait son visage de rage, on dirait qu’elle voulait nous mettre à l’épreuve, nous préparer pour la profondeur de son âme…
On arrive au moment culminant, la point du cap, d’un coup la terre enlève sa protection et…
Wow !!! ça souffle !!
Le vent monte de vitesse, les vagues de taille, le bateau offre son inclinaison maximale.
Immobilisé par la force des éléments, Dellys nous montre ses limites et le capitaine aussi :
« On aura du mal à arriver avec un temps comme ça ! On fait demi-tour ! »
« Demi-tour ? » Je ne voulais pas le croire, tous ces efforts pour rien !
« J’affale la voile ! »
« Mais non, tu es sûr ?! »
« Oui, demi-tour ! »
Le capitaine est le capitaine, la voix de la prudence, dans de telles circonstances on écoute et on fléchit aux ordres.
Les conditions tournées, la situation change. Le vent dans le dos, au bon sens des vagues, l’enfer se transforme en belle promenade idyllique du dimanche.
Le capitaine réfléchit, il s’interroge… Avait-il conquis son seuil de tolérance, ce qu’il était prêt à donner ?
Au loin, à nouveau les îles Medes,
A nouveau l’attente…




Aha !!!
J’adore ton style, de plus en plus, particulièrement aujourd’hui !
Et quant à faire demi-tour, c’est la sagesse même.
Le confort d’abord, et quel bonheur de transformer en un instant une galère en promenade !
Bien joué capitaine, bisous à tous !
L’intelligence et la sagesse du capitaine!
Attendre les conditions favorables est bien plus avisé que de prendre des risques inutiles. A priori cet endroit est difficile à passer… Je vous souhaite patience et courage. On vous envoie tout plein d’amour! N’hésitez pas à changer vos plans… j’entends par là que traverser de l’Espagne à la Corse en plein hiver, je le sens pas du tout… Vous voulez pas rester en Espagne cet hiver? Puis vous irez en Corse/Sardaigne/Sicile à votre prochain voyage? La peur bien gérée fait place à la sagesse. Ecoutez vos instincts de terriens et attentions aux envies de risques inconsidérés… je vous M. bisous
Ola les amis,
Que de courage et de sang froid!
J’en ai les larmes aux yeux !
Et l’aventure continue, avec patience et sagesse !
Gros gros bisous
Martine et sa tribue