Bâbord tribord

Premier port, première sortie sans retour.

Le grand moment arrive.

Remède miracle contre les nausées, prendre la barre, c’est à dire, diriger le bateau.

Je suis prête !

 

navegando

Pas simple les ports avec ses cailloux et ses balises partout. Je suis attentivement les indications du capitaine, le seul expert navigateur de l’équipage.

Alors, tu vas aller par là bas et très vite tu tourneras par là bas.

J’ai bien vu ses signes, mais question d’être sûre d’avoir compris…

Donc, je tourne à droit et après à gauche.

Non, non. Répond le capitaine patiemment. Tu vas d’abord par là et tout de suite par là bas.

Voilà, c’est ça, à droit et à gauche.

Hein en fait, non, en bateau il n’y a pas ni droit ni gauche.

Ah c’est bon, encore les marins avec leurs normes et leurs superstitions. Raconte moi cette nouvelle histoire.

Alors, tu as bâbord qui est la gauche du bateau et tribord la droite. Et pour te souvenir, tu penses au mot batterie, donc la gauche du mot bâbord et la droite tribord, ba-tri.

Humm, attends attends, je ne peux pas nommer ni la droite ni la gauche quand je parle de la droite et de la gauche et en plus je dois penser à la droite et la gauche d’un mot pour m’en souvenir des mots remplaçants…

Et  ça ne serait pas plus simple de se dire, quand on est au bord on parle toujours de la droite et de la gauche du bateau ?

C’est tout ! C’est quand même plus simple, non ?

Mais oui… ils ont raison les marins, finalement c’est aussi joli d’inventer des mots…

 

Et une fois la sortie réussie, c’était une forte expérience pour une première navigation loin de la côte.

Dellys se laissait porter par la force du vent et sautait avec brio entre les vagues, en bas en haut, un coup à bâbord un coup à tribord, six nœuds de vitesse minimum et jusqu’à neuf à la fin, quelle passion !

dellys

 

Sans aucune délicatesse, l’eau fraîche et salée se promenait sur mon visage. L’air froid traversait mes vêtements. La puissance des éléments me gardait bien concentrée et le capitaine surveillait par ci et par là sans cesse.

Pendant ce temps de folie à l’extérieur, les petits pirates de l’équipage restaient sagement accrochés dans les tripes du bateau.

Lua, aimant l’eau, jouait tranquillement avec ses peluches.

Hélio, plus terrien, faisait connaissance du mal de mer et jurait de ne plus jamais naviguer.

C’est mal parti mon cœur, il reste trois mois de voyage…

Canet en Roussillon nous accueille juste avant la tombée de la nuit et la pleine lune nous sourit entre les phares de bâbord et tribord…

primera luna

 

3 réflexions sur “Bâbord tribord”

  1. Bravo les marins !
    Sur ou sous l’eau … un autre monde
    « Il y a trois sortes d’hommes: les vivants, les morts, et ceux qui vont sur la mer. »

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